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LES DECOUVERTES D'ARMEL ZOHOURI
Publié le 16-03-2023 09:57

Pur produit de la formation du RCA, le défenseur s'épanouit au Shériff Tiraspol, qui lui permet de se frotter au gratin européen. Comme ce jeudi à Nice en 8e de finale retour de la ligue Europa Conférence. Il raconte l'expérience.

𝗡𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗰𝗹𝘂𝗯, 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀
« Quand j’ai été contacté par le Sheriff Tiraspol, je n’en savais vraiment pas grand-chose, si ce n’est qu’ils avaient battu le Real Madrid chez lui en Ligue des Champions (2-1, septembre 2021). Et la Moldavie m’était totalement inconnue. Mais je n’avais pas beaucoup le choix, les offres se faisant attendre. J’étais toujours sous contrat avec Nice à l’issue de mon prêt à Lausanne, j’espérais pouvoir convaincre à la reprise le nouveau coach (Lucien Favre). Mais on m’a dit qu’il fallait reprendre avec la réserve. En arrivant à Tiraspol, j’ai d’abord dit à mon agent, en plaisantant à moitié, que j’allais repartir au bout d’une semaine. Le cadre ici me semblait si différent de ce que j’avais connu, je n’étais pas sûr que j’allais pouvoir m’adapter, au-delà de la barrière de la langue. Mais les gens du club font en sorte que l’intégration se passe le mieux possible. Surtout j’ai pu compter sur mes coéquipiers, dont beaucoup sont Africains et déjà habitués à la vie locale. Ils m’ont montré la ville, emmené au restaurant. Avec leur manière de parler, de manger, c’est comme si je me retrouvais au bled. Le club m’a agréablement surpris par ses structures, avec notamment un centre d’entraînement est de haut niveau. Puisque je suis très casanier, et qu’il y a peu d’activités en ville, mon quotidien se résume à l’enchaînement entraînement-maison. Ça me va, si je suis ici, c’est pour le football et montrer de quoi je suis capable. »
𝗝𝗲𝘂 𝗲𝘁 𝗿𝗼̂𝗹𝗲
« Je suis arrivé à la toute fin du mercato d’été. L’équipe était déjà en place, elle avait eu le temps de disputer un éliminatoire de Ligue des Champions. Mais on m’a tout de suite mis dans le bain avec un premier match de championnat, enchaîné par l’ouverture de la phase de poule de Ligue Europa, à Nicosie. L’équipe était alors coachée par un Croate, avec qui ça s’est d’emblée bien passé. Idem avec celui qui lui a succédé en janvier [L’Italien Roberto Bordin]. La communication sur le terrain se fait principalement en anglais. Mes partenaires me traduisent parfois les consignes, on arrive toujours à se comprendre. Il y a une vraie différence de niveau entre le match du week-end en championnat, où l’on n’a pas vraiment de rivaux, et la Coupe d’Europe en semaine. Mais l’exigence du club est la même à chaque fois. Je suis en général utilisé en latéral droit dans une défense à quatre. Il est arrivé aussi que je joue défenseur central côté droit dans une autre organisation. Cela avait déjà été le cas parfois à Lausanne, où c’était plutôt une découverte, même si j’ai eu l’occasion de jouer un peu partout dans ma formation au RCA (Il est arrivé dans la structure à l’âge de 09 ans). Le coach sait que je suis un latéral offensif, donc il me laisse prendre l’espace si je sens que le jeu le demande. »
𝗟’𝗮𝘃𝗲𝗻𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗟𝗶𝗴𝘂𝗲 𝗘𝘂𝗿𝗼𝗽𝗮
« J’ai ressenti beaucoup de stress en débutant dans cette compétition. La ligue Europa, jusqu’ici, je ne l’avais regardée qu’à la télé. Et puis je sortais tout juste d’un moment délicat avec Nice, donc je n’avais pas trop de repères. Je me disais que si je laissais passer ma chance, il n’y en n’aurait peut-être pas d’autres. Mais tout s’est bien passé et j’ai pu enchaîner derrière. Notre parcours m’a même permis d’affronter Manchester United. Dans le tunnel, c’était un sentiment incroyable d’être en face de Cristiano Ronaldo, et d’autres joueurs stars. Mais il ne fallait pas rester dans une forme de fanatisme et les regarder jouer. CR7 s’est souvent retrouvé dans ma zone. Le grand regret, c’est de ne pas avoir pu disputer le match chez eux, à Old Trafford, pour cause de suspension. Un carton rouge, la semaine précédente, dont j’ai mis longtemps à me remettre. Mais qui m’a appris aussi. »
𝗟𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹’𝗢𝗚𝗖 𝗡𝗶𝗰𝗲
« Ce 8e de finale est forcément spécial pour moi. Nice, j’y ai passé une partie de l’intersaison. Avec notamment des matches amicaux, comme contre la réserve de l’OM. Même s’il savait que je ne resterais pas, Didier Digard [qui était alors en charge de la réserve, avant d’être appelé à diriger le groupe Ligue 1] m’a réellement intégré à son groupe. Il m’a rassuré, encouragé. Lors du match aller la semaine passée, j’ai aussi retrouvé trois joueurs avec qui je m’étais entraîné l’été dernier. Dont Ayoub Amraoui, qui a marqué alors qu’il voulait centrer. Alors que moi j’ai trouvé la barre quand j’ai voulu mettre le ballon dans la boîte, en le prenant un peu extérieur. Le match a été plutôt équilibré (0-1), mais on a été un peu timoré. Pour le retour à Nice il faudra montrer qu’on a plus faim qu’eux. J’étais content de revoir coach Digard, qui m’a donné l’accolade. J’ai pu échanger aussi avec Frédéric Gioria, son adjoint. Comme après chaque match de Coupe d’Europe, j’ai reçu beaucoup de messages d’Abidjan. Notamment de membres du RCA, avec qui je reste en contact. Même en Moldavie, je ne rate pas un match de l’équipe. J’ai pris un abonnement spécial, qui me permet de regarder chaque match diffusé. Quoi qu’il arrive, le RCA restera le club de mon cœur. »